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Alzheimer... Même toi, on t'oubliera

Alzheimer... Même toi, on t'oubliera

Mélanie Talcott

« Transmettre est l’un de nos devoirs terrestres, un passage obligé, une porte entre les mondes. »

Norma a consacré une grande partie de sa vie à soigner les autres, jusqu’ au jour où elle bascule sans crier gare de l’autre côté du miroir. A son tour malade, victime d’Alzheimer, elle commence une nouvelle vie à l’autre bout du monde, volontairement coupée des siens. Léa est sa petite-fille. Longtemps, la jeune fille se posera des questions sur la disparition étrange de sa grand-mère. Il lui faudra attendre la fin de vie de son grand-père pour avoir enfin ses réponses. Le vieil homme lui remet à ce moment une longue lettre de Norma, adressée à Léa, écrite aux prémices de la maladie.

Entre les deux femmes se tisse alors une conversation spirituelle qui les rapproche et leur donne l’occasion de se découvrir l’une l’autre, de découvrir également certaines réalités de notre monde, par-delà la mort et la folie inhérente à Alzheimer.

Extrait et vente sur le site http://melanie.talcott.lombreduregard.com/

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Éditeur : L'Ombre du Regard Eds Langue : français
Genre : Littérature Sortie : 14 décembre 2012
Sous-genre : Roman

Biographie

Mélanie Talcott

Je voudrais avoir mille vies en une, faire le tour du monde et aussi que le monde fasse le tour de moi. Tous les deux, on a tout de même fait un compromis. Un bout de chemin ensemble sur trois continents. Bref, des rencontres, des hommes, des femmes, des enfants, des pays, des rires, des larmes et beaucoup de livres… Ceux que j’ai lus, nombreux, ceux que j’ai écrits (ceux en français et pour les plus récents) : Les Microbes de Dieu et Alzheimer… Même toi, on t’oubliera, Ami de l'autre rive et....

Extraits

A Léa

A Léa

À Léa… Pour ma petite-fille que je ne connaîtrai pas femme, mais dont je devine néanmoins ce qu’elle deviendra.Mon doigt suit l’écriture qui s’étire à l’horizontale, comme si la main qui avait écrit ces quelques mots avait essayé de devancer la vitesse de la pensée. Tous les m et les n ébauchent la figure de la cursive minuscule pour mourir en un t...

On naît ridé, on meurt ridé…

On naît ridé, on meurt ridé…

Alzheimer… J’imagine ton effroi, ma petite fille, je sens la tension imperceptible qui tend ton dos, ton corps soudain arc-bouté sur un abîme, en chute libre sur le vertige, comme le fut hier mon esprit, enveloppé par la rude sonorité germanique de ce nom qui préfigure déjà une fin qui n’aura même pas la conscience d’en être une. Il y a des noms de...

Commentaire d'un lecteur...

Bonjour

Un premier commentaire d'enfer par Mme ou Mr. Betmalle pour Alzheimer... Meme toi on t'oubliera, publié sur Amazon.fr où mon livre dort sagement depuis trois ans et quelques sur les étagère virtuelles

"

5.0 étoiles sur 5Intense

Par Betmalle le 16 août 2016

Achat vérifié

Ce roman est d’une densité et d’une intensité fiévreuses: Léa ouvre, lit et commente la lettre testamentaire du docteur K. (sa grand-mère Norma), une quinzaine d’années après qu’elle a été rédigée à son intention.
Alors diagnostiquée Alzheimer, Norma a voulu transmettre à sa petite-fille l’essentiel de son apprentissage humain, avant que les mots lui manquent, avant que son esprit ne se vide.
Ce texte a l’énergie particulière des textes adressé, et on le reçoit comme un flux de confidences, à soi destinées. On est pris par le flot vif, véhément, rageur, et pour le plaisir de cet emportement, pour la sensation grisante de rapidité, on sacrifie parfois la pleine compréhension du discours du docteur K., dont les réflexions — sur l’Alzheimer principalement, mais pas seulement — présentent une complexité certaine, et demandent toute la concentration et la disponibilité du lecteur.
En ce qui me concerne, devant ce phénomène de courant de fond, j’ai choisi de lire une première fois sans freiner l’élan, en surfant sur la vague d’urgence qui déferle, pour profiter pleinement de cet aspect dynamique du roman — j’allais dire de sa joie — jusqu’à son dernier mot.
Ensuite j’ai repris ma lecture posément, pour suivre au plus près la conversation qui s’établit peu à peu entre les deux femmes, à quinze ans de distance.
Dès la première lecture c’est la force des personnages qui vous frappe, le couple des grands-parents Nathan et Norma, dont l’intelligence sensible, le goût profond de l’altérité, leur foi en la vie, rayonnent dans le moindre repli de cette histoire.
Le roman s’ouvre d’ailleurs sur le portrait magnifique de Nathan, grand-père génial, tout à la fois ami, compagnon de jeu, maître d’éthique, pédagogue exigeant, père spirituel, qui justement, au terme de sa vie, au moment de “partir”, remet la lettre de Norma à Léa.
Le thème central de la transmission est ainsi développé de mille façons, principalement à travers l’impact des mots de Norma dans le cœur et l’esprit de Léa, bouleversée de découvrir toute la profondeur de cette femme et combien résonnent en elle sa voix, ses pensées, sa sensibilité, ses intuitions métaphysiques.
Particulièrement touchantes et subtiles sont les pages où Norma évoque son propre grand-père, le discret collectionneur de timbres, montrant que la valeur de l’héritage ne dépend pas de la flamboyance des personnalités qui nous le lèguent, ni de celle des idées qu’ils nous communiquent, mais d’un instant, souvent inaperçu, où par une attitude, un mot, une manière de parler de leur passion, ils déposent en nous un germe “qui nous structure à l’intime”.
Mélanie Talcott, que je ne connaissais pas, c’est une voix qui roule comme un torrent, un torrent qui ravine les sols pour mettre à jour leurs couches constitutives, une force élémentaire qui lui permet de sonder son époque et de livrer son examen d’un ton très libre, à la fois sévère et plein d’humour. De ce point de vue le portrait que Norma dresse de l’homme du XXIe siècle est un morceau très réjouissant.
Le goût de la formule est un puissant moteur d’écriture, et chez Mélanie Talcott on sent que ce n’est pas une simple complaisance de style, mais un véritable outil de percussion, un instrument de chantier pour briser la persistance des sous-couches d’idées toutes faites, concasser les automatismes du raisonnement.
Des formules opérantes possédant cette vertu vous en rencontrerez à profusion dans ce roman-essai.
Parmi les nombreux thèmes qu’on y aborde, il faut citer la reprise de la thèse de Marcel Sendrail, médecin Toulousain que l’auteure nous fait découvrir: à chaque époque correspond un “style pathologique”.
Le développement de cette thèse sous-tend la réflexion de l’auteure autour de la maladie d’Alzheimer, vue comme métaphore de notre époque fuyant le réel.
Enfin, — et je suis au regret de devoir me limiter devant la richesse de ce livre — il faut mettre en relief encore une des spécificités du roman. Une ruse splendide a inspiré à Mélanie Talcott l’idée de scinder la maladie en deux aspects, Aloïs, et Alzheimer. Le prénom du savant et médecin représente l’aspect acceptable, non nocif de la pathologie, sorte de guide ramenant à force d’oubli le patient à un état archaïque d’innocence, tandis que le nom propre représente l’inacceptable, le désastre annoncé, la dégénérescence indigne.
De telle sorte que Norma parvient à le considérer comme un allié:
« Mais voir ma mémoire peu à peu se perdre et s’ouvrir peut-être sur des territoires neuronaux insoupçonnés entre les mains d’Aloïs, le Savant, le Sage, le Lettré! Marcher dans l’ombre pas à pas derrière cet emblématique Ermite à la lampe. Parcourir une vie dans l’autre sens, fermer une à une les portes et revenir au point de départ, riche d’une expérience devenue inconsciente. Partir tel un nouveau-né flétri par les ans et renaître dans un autre monde où tout redevient peut-être furieusement conscient. La vie, après tout, m’offre un fabuleux parcours à contre-sens et à contre-courant.
On nait ridé, on meurt ridé… »
C’est un roman généreux et passionnant qui nous concerne tous profondément. A lire absolument en se laissant emporter par la force du courant."

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